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Charles Michel
| Ministre
Lundi 26 octobre 2009
Les droits de l'enfant
J'ai donné une interview au magazine Enfants du Monde d'UNICEF au sujet des droits de l'enfant dans la coopération belge au développement.
Les droits de l’enfant vus par Charles Michel
Depuis 2008, les droits de l’enfant ont pris plus d’envergure au sein de la Coopération belge. « Enfants du Monde » s’est entretenu avec Charles Michel, Ministre de la Coopération au développement, afin de connaître son sentiment sur cette nouvelle orientation de la politique belge en matière de coopération.
En 2005, les droits de l’enfant sont devenus un thème transversal de la politique de coopération. La Belgique est une pionnière dans ce domaine. Qu’est-ce qui a motivé cette nouvelle vision ?
CM : L’intégration des droits de l’enfant dans la Loi sur la coopération est le résultat du plaidoyer mené par les acteurs engagés dans la promotion des droits de l’enfant. Mais c’est aussi une conséquence logique des efforts fournis afin d’atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement, qui constituent le fil rouge de notre politique de coopération. En effet, 6 des 8 objectifs ont directement trait aux enfants et au respect de leurs droits. A l’heure où les enfants demeurent les premières victimes des inégalités et de l’injustice, ne pas tenir compte de leurs droits, ce serait condamner à l’échec la lutte structurelle menée contre la pauvreté.
Concrètement, qu’est-ce qui va changer pour les enfants et dans les actions de coopération de la Belgique ?
CM : La modification de la Loi a donné l’impulsion nécessaire pour renforcer l’attention qui doit être dévolue aux droits des enfants. Il s’agit de prendre en compte, de manière structurelle et permanente, le respect des droits de l’enfant dans chaque politique et action de coopération. La note stratégique sur le respect des droits de l’enfant dans la coopération au développement, présentée au Parlement en 2008, définit nos priorités en la matière. Cette note doit permettre aux acteurs belges d’être mieux armés pour donner corps à notre engagement sur la scène internationale. Le respect des droits des enfants ne doit pas rester un simple idéal. Il nous revient d’en faire une réalité au quotidien.
De quels moyens dispose la Belgique pour mener à bien sa coopération internationale de manière générale et plus particulièrement dans le domaine de l’enfance ?
CM : La Belgique dispose de moyens financiers en augmentation ces dernières années conformément à l’engagement pris qui vise à consacrer 0,7% du PIB à l’aide publique au développement.
Nombre de programmes financés contribuent soit directement (ex : programmes d’éducation primaire), soit indirectement à améliorer les conditions de vie des enfants (ex : renforcement des structures de santé, augmentation des revenus monétaires des femmes). L’expertise dont la Belgique peut se prévaloir et les partenariats établis avec des institutions spécialisées, telles que l’UNICEF, nous permettent de participer activement au dialogue politique sur les droits des enfants.
Quels sont les principaux défis pour les années à venir ?
CM : La protection des enfants, et des filles en particulier, est un domaine qui nécessite une attention particulière notamment afin d’empêcher la violence envers les enfants, le trafic des enfants et le travail forcé. La situation des enfants dans les conflits armés, entre autres, doit continuer à nous mobiliser. Les réponses apportées à cette problématique doivent s’inscrire dans du long terme pour que la réintégration des enfants soldats soit durable et effective et contribue à éviter les nouveaux recrutements.
Les violences routinières contre les enfants sont également un problème important. Celles-ci concernent 40 millions d’enfants chaque année. Nous devons combattre l’idée inacceptable selon laquelle les droits des enfants s’arrêtent sur le seuil de la maison ou à la porte de l’école. La mobilisation de tous est nécessaire pour affronter ces défis. Mieux coordonner notre aide nous permettra d’accroître son efficacité.
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